L’instinct mode à Miami avec Laure Hériard-Dubreuil

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Cofondatrice en 2009 du concept-store The Webster à Miami, cette passionnée de mode a depuis ouvert plusieurs boutiques aux Etats-Unis. Lumineuse et enjouée, elle symbolise l’élégance à la française.

D’où vous est venue l’idée, saugrenue à l’époque, d’ouvrir un concept-store consacré à la mode à Miami?

Je connaissais bien l’univers de la mode pour avoir travaillé comme merchandiser dans des maisons prestigieuses telles que Balenciaga ou Saint Laurent. un jour j’ai découvert Miami, à l’occasion d’Art Basel. Et je suis tombée amoureuse de cette ville: sa plage, son soleil, son architecture Art déco. Il y avait une atmosphère particulière. On sentait qu’il se passait quelque chose. Art Basel attirait des collectionneurs du monde entier. Mais lorsque j’ai cherché dans Bal Harbour une tenue un peu sophistiqué pour le soir, je n’ai rien trouvé. Il n’y avait aucune des marques que j’appréciais. Je me suis dit qu’il y avait un manque et je me suis lancée dans cette nouvelle vie.

Comment se sont passés vos débuts ?

J’ai fait le tour des designers français pour les convaincre que Miami n’était pas cette ville vieillotte et un peu grossière qu’ils avaient en tête, mais un lieu dynamique, à l’avenir radieux. Un peu comme Art Basel pour l’art contemporain, j’ai essayé d’y faire venir les grands noms. Apres une première boutique temporaire, j’ai ouvert The Webster dans un immeuble Art décor bleu et rose de South Beach, en 2009. Le nom m’est venu d’un ancien hôtel des années 1930 qui siégeait là.

Quel est le concept que vous avez développé ?

J’ai voulu associer une mode classique, symbole du parisianisme chic, à l’environnement de Miami, ensoleillé, latin, « fun ». Casser les codes habituels de l’élégance par un twist chaleureux et joyeux ; tout en respectant profondément l’ADN des maisons que je connaissais bien. Et j’ai créé une identité très forte. Je choisis non seulement l’assortiment des marques que je présente, mais les modèles précis qui me correspondent.
En même temps, j’ai voulu inventer une façon différente de faire du shopping. l’idée est que l’on se sente dans nos boutiques comme à la maison. En privilégiant l’accueil, les notions de confort, de détente. Le mobilier est un mélange de vintage et de contemporain. Dans nos concepts-stores, comme dans nos vêtements, on doit se sentir bien.

Depuis dix ans, vous avez multiplié les ouvertures. Allez-vous poursuivre cette expansion?
Après South Beach, nous avons ouvert à Bal Harbour pour nous placer dans un environnement très compétitif. Puis il y a eu New York, Orange County en Californie, Houston au Texas… Et fin 2019, nous devrions mourir une nouvelle boutique à Los Angeles.

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Laure Hériard-Dubreuil

Vous restez fidèle à la mode, mais vous étendez vos activités à d’autres domaines de l’art de vivre ?

Oui. À New York, nous venons de nous associer avec David Mallet pour lancer un salon de coiffure dans le flagship de Soho. Et face à la demande croissante de certains clients, nous avons crée un département « home » avec le designer Stéphane Parmentier. Il fabrique pour nous des meubles, des lampes, des services de table.

Quels sont les critères qui guident vos choix ?

Je suis mon instinct. Attentive à l’évolution de la mode, du design, je reste d’une très grande fidélité aux marques que je représente. Je ne suis pas tellement branchée sur ce qui ne dure qu’une saison. J’aime créer de vraies relations, stables et durables. Nos clients apprécient de se retrouver dans un univers familier, rassurant. Et ils sont sûrs de trouver chez nous des pièces qu’ils auront envie de porter pendant très longtemps.

Vous préférez le noir ou la couleur ?

La couleur ! En imprimés. Le rose est un peu ma teinte fétiche. Il y a aussi le bleu, le chocolat, un peu de doré. Tout ce qui donne une impression de vacances, de voyage, d’aisance et de liberté.

Vous appartenez à une famille célèbre dans le monde du cognac. Votre histoire familiale vous a-t-elle influencée ?

Beaucoup. J’ai appris à avoir les pieds sur terre et l’importance de l’enracinement. La vigne, les spiritueux prennent de la valeur avec le temps. C’est une notion essentielle dans un monde où l’on a parfois envie que les choses aillent vite.

Qu’est-ce qu’être une Française à New York ou à Miami ?

Un mélange de naturel et de sophistication. Parfois, quand je revenais de la plage le cheveu mouillé, pas maquillée et en sandales plates, on me regardait bizarrement. J’ai dû me sophistiquer un peu.

Votre définition de l’élégance ?

Se sentir bien. Si l’on s’habille simplement pour être à la mode, on ne sera pas élégant. Ce qui importe, c’est l’équilibre entre ce que l’on porte et ce que l’on est.

Par Bertrand de Saint Vincent. Photo Camilo Rios

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